Une journée banale, en somme…

Aujourd’hui c’est le triste anniversaire du massacre féminicide (voire féministicide puisque le meurtrier supposait que ses victimes l’étaient) de Polytechnique.

Aujourd’hui aussi je discute en ligne de l’histoire de ce prof qui s’était amusé à mettre en ligne des photos de ses élèves sur un site pornographique, avec leurs noms et leurs localisations. Je tombe à nouveau sur cet article qui décrète que les actrices pornos sont plus heureuses et épanouies que les autres, rengaine assez pénible et qui a pour écho les leitmotiv strassiens qu’on connaît (oui, il y a des Putes qui aiment ça alors laissez nous faire notre boulot bande de coincées catho fascistes de rabajôa). Il est aussi question de Marcel Rufo, qui dit n’importe quoi. Demain, à qui le tour ?! Hier un dit professionnel minimisait déjà les violences conjugales…

Aujourd’hui je ne sais trop pourquoi mais je repense à cette scène de ménage d’une violence inouïe qui avait eu lieu l’an dernier en bas de chez moi…

Aujourd’hui je sors dans la rue et je tombe sur les sempiternels kiosques à porno. J’entends une femme dire à une autre que son mari l’empêche de sortir je ne sais où. J’ai eu des amies dans ce cas là. Ou alors elles n’avaient pas le droit de se maquiller ou de dire bonjour.

Aujourd’hui en marchant je tombe sur des types qui me lancent des regards de tueur. La grande mode du moment (et je constate cela, sans mentir, presque tous les jours) c’est de cracher, péter ou roter à ma vue. Là deux individus se sont plantés devant moi pour réitérer leurs renvois bruyants et agressifs.

Je ne pense pas qu’ils ne font ça qu’à moi ou que je peux avoir un comportement ou une attitude qui mérite cela. D’ailleurs il n’y a pas d’attitude qui puisse mériter un tel mépris, je pense (sinon certains lèvent le bras comme s’ils allaient frapper puis passent la main derrière leur crâne en faisant mine de bien remettre / aplatir leurs cheveux. Ils ont fait peur (oui, quand on s’est pris des coups étant jeune, je pense qu’on garde une forme de peur et qu’on se protège, peut-être d’autant plus, même), ça les a peut-être excités, en tout cas ils sont contents).

Aujourd’hui je tombe à nouveau sur un monologue haineux concernant les femmes qui ne veulent pas d’enfant. Je patauge entre l’hilarité et la peur. J’ai toujours en effet du mal à me dire que je vis dans une société aussi oppressive que ça.

Aujourd’hui pourtant, on va peut-être encore me dire que j’en fais trop, que j’ai la haine des hommes, que le féminisme, on n’en a plus besoin, que des hommes aussi souffrent partout, au foyer, au bureau, dans la rue, et que je devrais arrêter d’être parano.

On va peut-être aussi me dire sur un ton un poil plus paternaliste : « Tu sais, avant j’étais comme toi (comment ça, « avant », et comment ça, « comme moi ? »), je pensais que tous les hommes étaient des salauds et que toutes les femmes étaient des saintes… » (ah ouais, la vie c’est un peu plus compliqué que ça et y a des hommes bien tout comme des femmes pas gentilles du tout, houlala… Je parie aussi qu’il y a des Blancs sympas comme tout et des Noirs pas glop du tout… Super, bonjour le niveau).

Aujourd’hui je me dis que je suis vraiment fatiguée de tout cela… mais que je ne suis justement pas prête à lécher le morceau de misogynie crasse qui pendouille…

Publicités

~ par chaminou sur 06/12/2012.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

 
%d blogueurs aiment cette page :