Et à part ça, c’est MOI qui ai la haine ?

Coups de klaxon, sifflements, injures crachats quotidiens… Je serre les dents et feins d’ignorer ces attitudes, même s’il m’arrive de changer de crottoir ou de baisser les yeux pour avoir la paix. Car oui, j’ai apparemment le tort d’aimer me promener ou d’avoir à me rendre d’un lieu à un autre, parfois seule, parfois au hasard des rues. Et ça, on ne me le pardonne pas.

Lorsque j’évoque ce sujet ô combien délicat, on me dit que ce sont juste « des fous », que j’exagère, que j’ai « la haine contre les hommes » ou que ces compliments devraient me rendre fière et heureuse, comme si on me faisait honneur ainsi, comme si on me repérait moi en particulier pour je ne sais quel attrait. Car oui, il y a des gens qui s’imaginent encore que le fait que n’importe quel homme nous remarque soit une aubaine. Pour ma part, merci bien, mais j’aime pouvoir marcher à pieds sans me faire importuner (appelons une chatte une chatte n’est-ce pas). J’ai trente et un ans et ce n’est pas encore le cas, bien au contraire : les mauvaises expériences s’accumulent et croyez-moi, la croupe est pleine.

Alors parfois je repense à mon passé, à mes vieux désirs de voyages et de découvertes, au fossé éducationnel qui doit me séparer de certains et certaines…

Bien que mes parents ne furent pas féministes pour un sou, je ne me souviens pas avoir été brimée ou conditionnée à demeurer bien sagement entre quatre murs, à m’occuper des travaux d’ouvrage communs, de repassage ou de cuisine. Ainsi j’avais pris l’habitude d’aller et venir là où cela me chantait et ce dès le plus jeune âge. Bien entendu, il y avait des limites à ne pas franchir (quartier, rue de mon école, etc.), mais il en était de même pour n’importe quel enfant, et ce quelque soit son sexe / genre.

C’est à l’adolescence qu’on a commencé à me faire comprendre que ma présence gênait. Les fréquents « Eh, tu vas où, tu cherches ? », « Cochonne, salope » et autres quolibets sexistes visaient à me faire comprendre qu’une personne du deuxième sexe n’avait pas à partager l’espace public, quel qu’il fût. Je ne sais pas si ce type de constat m’a fait devenir féministe, mais je crois que c’est l’une des choses que je n’ai jamais pu accepter et que je n’accepterai jamais, même si certaines personnes parviennent encore à me faire regretter d’avoir osé traverser telle ou telle rue.

Alors je m’interroge : qui donc a un problème ? Qui fait sa loi, insulte à tout va, méprise et menace ? Qui a la haine, en gros ?

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~ par chaminou sur 06/03/2010.

Une Réponse to “Et à part ça, c’est MOI qui ai la haine ?”

  1. […] pourtant, on va peut-être encore me dire que j’en fais trop, que j’ai la haine des hommes, que le féminisme, on n’en a plus besoin, que des hommes aussi souffrent partout, […]

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