Alien, nation…

•23/03/2013 • Laisser un commentaire

Alien, nation...

« C’est comme ça, on n’y peut rien… »

•26/02/2013 • Laisser un commentaire

D. était l’une de ces personnes que j’avais tendance à apprécier pour sa gentillesse. En effet, elle se montrait souvent attentionnée et n’était pas du genre à s’occuper de ce qui ne la regarde pas ou à faire des histoires pour des riens. Oh, je dois bien avouer que lorsque nous sortions du cinéma ou d’un spectacle quelconque le fait de ne pas pouvoir échanger nos idées sur ce que nous avions vu me laissait un peu sur ma faim. Ceci dit, je l’acceptais comme elle était et m’estimais déjà bien heureuse de pouvoir connaître une personne aussi aimable.

Un jour que nous revenions de dîner chez l’une de ses connaissances, je me mis à lui faire remarquer que le soi disant chef de maison n’avait pas bougé le petit doigt, et que j’avais trouvé choquant qu’elle s’active alors qu’il se prélassait, d’un air goguenard. Son « mais noooooon » doucereux me fit culpabiliser et j’eus alors l’impression d’avoir été indélicate. De ce fait je me tus, n’aimant guère contrarier les gens, surtout lorsque je les trouve sympathiques.

Quelques mois plus tard, j’aperçus cette même connaissance en ville le visage tuméfié. Un peu honteuse, elle fit comme si elle ne me connaissait ou reconnaissait pas (c’est du moins ce qui m’a semblé), et gênée, je fis donc de même. Sous le choc plusieurs jours durant, je me mis alors à en parler à D. ce à quoi elle me répondit, visiblement gênée : « Ah, elle s’est disputée avec son mari ». Étonnée d’imaginer une femme si douce et effacée se disputer avec cet homme qui semblait déjà bien la dominer je laissai alors couler. Certains soirs, lorsque je songeais à nouveau au sentiment de pitié que j’avais ressenti à la vue cette femme, quelque chose d’étrange et de malsain planait à la surface de mes pensées, mais ne sachant quoi faire et qu’en penser, moi, la jeune inexpérimentée du couple, je repensai alors à D. qui n’aurait pas été contente que j’embête un peu trop le monde avec mes constats critiques et mêle-tout, et finissais par me laisser envahir par d’autres sujets.

Un jour D. m’apprit la mort de cette personne dont je peine encore à me souvenir le nom. Selon ses dires, au cours d’une dispute un peu trop violente, sa tête avait heurté le sol puis une hémorragie s’ensuivit. Elle me racontait ça d’une manière neutre, pas froidement, non… Mais un peu comme si c’était inscrit d’emblée dans je ne sais quelle destinée à la noix et qu’en quelque sorte il n’y aurait rien eu à faire. Horrifiée, je me mis à lancer tout de go que nous aurions peut-être pu réagir, lui parler, l’aider à s’en sortir ce à quoi elle me répondit, laconique :

« Sans doute n’avait-elle pas fait les bons choix ».

J’aurais pu reparler des heures de cette notion de choix souvent tronquée par les aléas de la vie mais une fois de plus, nimbée dans ma lâcheté je me tus. Ceci dit, je ne revis plus jamais D….

Le féminisme, un concept marketing qui se doit d’évoluer

•24/02/2013 • Laisser un commentaire

Ce que j’aime, c’est quand une personne qui n’a jamais rien voulu lire ou entendre du féminisme arrive avec ses gros sabots pour nous dire qu’on est des cinglées, qu’on mélange tout, que les mots ne sont que des mots, les poils une question de goût personnel, et qu’on n’a pas à opprimer les gens avec nos idées peu glamour.

On ne demande rien à personne, on discute entre nous (sans toujours être d’accord sur tout certes, et évidemment devrais-je ajouter) mais voilà : paf, une idée surgit comme ça de nulle part sans qu’on n’ait rien demandé à personne, « on devrait faire comme ça parce que vraiment on est tout à fait naze, pas efficaces, et tout et tout ».

J’ai donc particulièrement apprécié ce conseil :

Disons que le féminisme est généralement vu comme une bande de vieux bornés qui combatte dans le vent, faudrais pour ma part changer l’organisation, quitte à faire travailler des filles sexy, c’est contre féministe je sais mais ça marcherais en tout cas et ça avancerais petit à petit, bien que ça paraisse manipulateur/calculateur tout fonctionne comme ça malheureusement.

Bien entendu, comme on est borné-e-s comme pas permis, on l’a tous/tes plutôt mal pris.

Qu’on ne s’étonne alors pas de constater que la plupart des gens ne comprennent pas nos idées-aux.

Mais monsieur le jeune universitaire nous rassure, il est quand même de notre côté, faudrait juste pas pousser mémé dans les orties, non plus.

Je l’ai déjà dis, je ne suis pas un pro féministe, je peux paraître énervant mais estimer vous au moins heureux que je sois anti matcho pour un mec

Peeeeeuple, à genooooooooux…

Le pire c’est que ces gens ont limite l’impression d’entamer une démarche originale en venant nous fourguer comme ça du conseil paternaliste complètement délirant. Quant au : « Oui le droit de vote l’égalité je comprends mais tel ou tel combat pas encore bien digéré c’est trop nul vous vous ridiculisez », ça fait des décennies et des décennies qu’on y a droit. En d’autres temps certain-e-s chantaient déjà cette triste rengaine au sujet du droit de vote, que les suffragettes étaient vraiment des taches de se battre pour ça, et blabli et blabla. Aujourd’hui c’est autre chose et demain illes auront encore l’impression d’avoir inventé l’eau chaude.

Et la remise en question, c’est pour quand, au juste ?

« Les clients de la prostitution » (extrait de l’ouvrage-enquête)

•16/12/2012 • 3 commentaires

« Présentée comme libertaire, l’industrie du sexe est en train de légitimer un retour en arrière phénoménal pour les femmes ; un abandon, pour ne pas dire un reniement des politiques progressistes mises en oeuvre ces dernières décennies. Légaliser la prostitution est en contradiction totale avec le long combat mené par les femmes pour leur dignité et leur autonomie, leur accès au travail créateur, la valorisation de leurs compétences, leur promotion sociale, économique et politique. Une nouvelle fois, les femmes sont renvoyées à leur fatalité de toujours : tout en elles serait sexe et vénalité. Proxénètes et pornographes, sur ce point, font alliance avec les puritains. La croyance des machos se voit confortée. La place des femmes est au lit et aux fourneaux, leur indécrottable destin tient à trois devoirs : service maternel, service domestique, service sexuel. Ce vieux réflexe sent franchement le XIXème siècle. On croirait revenir au temps où certains patrons, sous-payant leurs ouvrières, les incitaient à faire le trottoir après leurs heures de travail*.

L’abdication que constitue la normalisation de la prostitution aura pour première conséquence d’accroître l’acceptation de l’exploitation sexuelle. Comment lutter d’une main contre le harcèlement sexuel, et l’encourager de l’autre s’il est rémunéré ? Est-il cohérent d’inviter un client à se permettre dans un sex-club les mots et les gestes qui l’enverraient au tribunal dans le cadre de son entreprise ? Peut-on condamner le viol, appropriation du corps d’autrui par la contrainte, et fermer les yeux sur la prostitution, appropriation par l’argent ? On ne s’étonnera pas d’assister à une érotisation croissante des corps, notamment des adolescent-es et des enfants, ni d’une éventuelle révision à la baisse de l’âge de la majorité sexuelle afin de dégager un nombre croissant de corps disponibles. La violence sexuelle, déjà largement célébrée dans les médias, a de beaux jours devant elle ».

* Marie-Victoire Louis, Le droit de cuissage.

Les clients de la prostitution, de Claudine Legardinier et Saïd Bouamama (extrait)

Une journée banale, en somme…

•06/12/2012 • Laisser un commentaire

Aujourd’hui c’est le triste anniversaire du massacre féminicide (voire féministicide puisque le meurtrier supposait que ses victimes l’étaient) de Polytechnique.

Aujourd’hui aussi je discute en ligne de l’histoire de ce prof qui s’était amusé à mettre en ligne des photos de ses élèves sur un site pornographique, avec leurs noms et leurs localisations. Je tombe à nouveau sur cet article qui décrète que les actrices pornos sont plus heureuses et épanouies que les autres, rengaine assez pénible et qui a pour écho les leitmotiv strassiens qu’on connaît (oui, il y a des Putes qui aiment ça alors laissez nous faire notre boulot bande de coincées catho fascistes de rabajôa). Il est aussi question de Marcel Rufo, qui dit n’importe quoi. Demain, à qui le tour ?! Hier un dit professionnel minimisait déjà les violences conjugales…

Aujourd’hui je ne sais trop pourquoi mais je repense à cette scène de ménage d’une violence inouïe qui avait eu lieu l’an dernier en bas de chez moi…

Aujourd’hui je sors dans la rue et je tombe sur les sempiternels kiosques à porno. J’entends une femme dire à une autre que son mari l’empêche de sortir je ne sais où. J’ai eu des amies dans ce cas là. Ou alors elles n’avaient pas le droit de se maquiller ou de dire bonjour.

Aujourd’hui en marchant je tombe sur des types qui me lancent des regards de tueur. La grande mode du moment (et je constate cela, sans mentir, presque tous les jours) c’est de cracher, péter ou roter à ma vue. Là deux individus se sont plantés devant moi pour réitérer leurs renvois bruyants et agressifs.

Je ne pense pas qu’ils ne font ça qu’à moi ou que je peux avoir un comportement ou une attitude qui mérite cela. D’ailleurs il n’y a pas d’attitude qui puisse mériter un tel mépris, je pense (sinon certains lèvent le bras comme s’ils allaient frapper puis passent la main derrière leur crâne en faisant mine de bien remettre / aplatir leurs cheveux. Ils ont fait peur (oui, quand on s’est pris des coups étant jeune, je pense qu’on garde une forme de peur et qu’on se protège, peut-être d’autant plus, même), ça les a peut-être excités, en tout cas ils sont contents).

Aujourd’hui je tombe à nouveau sur un monologue haineux concernant les femmes qui ne veulent pas d’enfant. Je patauge entre l’hilarité et la peur. J’ai toujours en effet du mal à me dire que je vis dans une société aussi oppressive que ça.

Aujourd’hui pourtant, on va peut-être encore me dire que j’en fais trop, que j’ai la haine des hommes, que le féminisme, on n’en a plus besoin, que des hommes aussi souffrent partout, au foyer, au bureau, dans la rue, et que je devrais arrêter d’être parano.

On va peut-être aussi me dire sur un ton un poil plus paternaliste : « Tu sais, avant j’étais comme toi (comment ça, « avant », et comment ça, « comme moi ? »), je pensais que tous les hommes étaient des salauds et que toutes les femmes étaient des saintes… » (ah ouais, la vie c’est un peu plus compliqué que ça et y a des hommes bien tout comme des femmes pas gentilles du tout, houlala… Je parie aussi qu’il y a des Blancs sympas comme tout et des Noirs pas glop du tout… Super, bonjour le niveau).

Aujourd’hui je me dis que je suis vraiment fatiguée de tout cela… mais que je ne suis justement pas prête à lécher le morceau de misogynie crasse qui pendouille…

« Abos : cathos, proxos, fachos »

•29/11/2012 • Laisser un commentaire

Les abolitionnistes le sont, selon certains groupes réglementaristes. Eh oui, rien que ça. Vous me direz que le point Godwin est atteint mais plus ça va, plus j’en apprends des vertes et des pas mûres à nos égards.

Ainsi nous serions également hypocrites, frigides, totalitaristes, moralistes et malsain-e-s. Putophobes, aussi (paraît qu’on « voudrait la mort des pauvres putes » en leur flanquant la police aux trousses ou en les contraignant à changer de « métier », bonjour les raccourcis).

Parce qu’au fond nous ne croyons qu’à l’amour et avons un problème avec le sexe, que nous prenons le féminisme (dont nous nous fichons) pour prétexte, parlons à la place des autres (quid des prostitué-e-s abolitionnistes, au juste ?)… et serions grassement nourri-e-s par le lobby abolitionniste pour dégoiser des mensonges.

De telles généralités me laissent cependant un peu sur ma faim. Quel est, au juste, le but des personnes qui nous dénigrent ainsi, tous/tes autant que nous sommes ? Est-ce que le fait d’accumuler les qualificatifs de manière puérile va faire avancer quoi que ce soit à leur cause ?

Je me dis souvent que si je n’étais pas encore bien convaincue de la position à adopter (et ce sans jeu de mot aucun), le fait même de lire certaines de leurs diatribes me rendrait on ne peut plus méfiante à leur égard. Certes, nous abolitionnistes n’en pensons pas que du bien non plus, mais je n’ai jamais lu autant de préjugés totalement irréalistes de la part des orgas qui prônent la pénalisation des clients prostitueurs, par exemple.

Une chambre hors soi

•19/10/2012 • Laisser un commentaire

 
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